Nouvelle organisation du travail : n’oubliez pas le risque chimique !

Vous avez mis en place une nouvelle organisation du travail pour lutter contre la transmission de la Covid-19. Ces nouvelles mesures ne doivent pas altérer l’efficacité des dispositifs de prévention en place, notamment vis-à-vis du risque chimique.

Les moyens de prévention et de protection doivent être efficaces à la fois contre les dangers d’exposition à des produits chimiques dangereux et au danger de contamination par le SARS-CoV-2 responsable de la Covid-19. Aucune priorité ne doit être donnée à l’un ou l’autre de ces dangers.

Filtrer efficacement…

Aucun masque barrière (lavable, en général en tissu) n’apporte de protection contre les dangers des produits chimiques. Ces masques sont donc à proscrire dans les environnements de travail à risque chimique.

Les masques « médicaux », à usage unique, ne sont pas des équipements de protection individuelle et ne protègent pas efficacement contre les risques chimiques. Ils doivent être utilisés uniquement dans le cadre des mesures barrière anti-Covid afin de diminuer la propagation du coronavirus.

Les masques à usage unique « FFP2 » ou « FFP3 » sont des équipements de protection individuelle. Ils protègent efficacement le porteur contre les risques chimiques liés aux aérosols liquides et solides (gouttelettes et particules). Ils protègent également le porteur contre la contamination par le SARS-CoV-2. En conséquence, si ces masques FFP2 ou FFP3 étaient utilisés dans le cadre des activités du laboratoire, il faut continuer à les utiliser, et surtout ne pas les abandonner au profit d’un masque « médical ». Les modèles (souvent FFP3) munis de valves expiratoires ne filtrent pas l’air expiré. Ils facilitent la respiration mais l’air expiré à travers la soupape est susceptible de contaminer l’air environnant. Les masques FFP1 ne sont pas suffisamment efficaces contre le risque chimique, ils sont essentiellement utiles contre les poussières non toxiques.

En revanche, il ne faut pas oublier que les masques « FFP » ne protègent pas le porteur contre les gaz et vapeurs. Dans le cas de la protection contre les gaz et vapeurs, les masques anti-gaz doivent être utilisés, après s’être assuré qu’ils sont aussi muni d’une protection contre les particules liquides et solides, ce qui couvre le risque lié au coronavirus.

Et les visières ?

Certains risques de projections cutanées et oculaires de matières sont couverts par l’utilisation de visières, écrans faciaux ou lunettes de sécurité. Il convient de conserver les visières et lunettes en acétate ou polycarbonate qualifiées contre ces dangers et respectant leur norme d’EPI, et de ne pas les remplacer par les visières anti-covid non qualifiées. Ces dernières sont en général peu résistantes aux impacts.

Quels qu’ils soient, les écrans faciaux et visières ne sont pas filtrants. En cas de nécessité de limiter le risque de contamination au SARS-CoV-2, un dispositif filtrant doit être porté sous l’écran facial.

Nouvelles mesures, nouveaux risques

Les mesures de lutte contre la propagation du virus peuvent être à l’origine de nouvelles situations à risque qu’il convient de maîtriser.

Dans les zones où des flammes, des points chauds et autres sources d’ignition sont présents, la présence, l’utilisation et le stockage en quantité de solutions hydro-alcooliques inflammables fait apparaitre un risque d’incendie. Ainsi si l’espace de travail dispose d’un point d’eau, tel qu’un évier dans un laboratoire, le nettoyage des mains à l’eau et au savon doit être privilégié.

L’utilisation par le personnel d’équipements en commun nécessite leur nettoyage et leur décontamination fréquents. Le contact cutané répété avec des détergents ou des solutions alcooliques peut provoquer des dessèchements et des irritations de la peau. Certains produits de nettoyage peuvent aussi contenir des agents chimiques allergisants. Il est impératif, pour ces opérations, d’utiliser des gants adaptés pour le nettoyage ou la désinfection des surfaces des équipements.

Dans tous les cas, une réévaluation de l’efficacité des mesures de prévention du risque chimique doit être réalisée si des nouvelles mesures ou de nouveaux équipements sont mis en place aux postes de travail.

Photo Hubert RAGUET / CNRS Photothèque