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La 2,4-DNPH présente-t-elle des propriétés CMR ?

2,4-DNPH, propriétés CMR ?

La 2,4-DNPH, ou 2,4-dinitrophénylhydrazine est utilisée en laboratoire pour tester les composés carbonylés. Solide à température ambiante de couleur rouge orangé, il s’agit d’un dérivé de l’hydrazine de formule brute C6H6N4O4. Ce produit présente-t-il des propriétés CMR (Cancérogène, Mutagène et toxique pour la Reproduction) ?

Aspects réglementaires

L’hydrazine et les sels d’hydrazine sont référencés comme CMR (Cancérogène, Mutagène et toxique pour la Reproduction) dans l’annexe VI du règlement CE No 1272/2008. Cependant la 2,4-DNPH, pourtant dérivée de l’hydrazine, n’entre pas dans la catégorie des sels d’hydrazine ; à l’heure actuelle, il ne s’agit pas règlementairement d’un CMR, que ce soit du point de vue de la classification harmonisée ou même de la synthèse des données présentées par la très grande majorité des notifiants à la classification et l’étiquetage auprès de l’Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA).

Un fournisseur classe la substance en tant que cancérogène de catégorie 2 dans sa fiche de données de sécurité (FDS), mais la rubrique 11 de la même FDS contredit cette classification. Il n’y a donc pas de données disponibles permettant de se prononcer sur le caractère cancérogène de la substance.

Pour autant, il convient de ne pas oublier que des études de cancérogenèse n’ont probablement pas été effectuées et qu’il s’agit donc d’une classification par défaut de données, comme il en est pour une très grande quantité de produits chimiques industriels. La substance n’a pas encore été enregistrée auprès de l’ECHA dans le cadre du règlement REACH et aucun dossier technique synthétisant les essais effectués (ou non) n’est aujourd’hui disponible.

Les risques reconnus

Le risque est essentiellement dû au fait que la substance est un solide inflammable et explosif à l’état sec. Cette substance n’est commercialisée que sous une forme stabilisée par la présence d’environ 30 % d’eau en masse.

Sa manipulation devrait donc être effectuée dans le respect des principes généraux de prévention des risques. Le port d’une blouse et de lunettes de sécurité devrait être obligatoire.

Pour la protection de la peau, les fiches de données de sécurité préconisent le port de gant en caoutchouc nitrile de 0,11 mm d’épaisseur. Il convient également de veiller à ce que la substance ne soit pas amenée à l’état sec. Ce point devra aussi être scrupuleusement respecté si elle doit être éliminée telle quelle en tant que déchet.

Les dangers identifiés

La 2,4-DNPH ne figure pas dans la classification harmonisée européenne figurant à l’annexe VI du règlement (CE) No 1272/2008 en l’état de sa 3e adaptation au progrès technique.

La substance a fait l’objet de 28 notifications auprès de l’European Chemicals Agency (ECHA), conformément à la réglementation en vigueur. Le groupe principal de notifiants (23) identifie deux classes de dangers :
- Matière solide inflammable catégorie 1. La substance peut être sensible au choc à l’état sec et entrainer une explosion. Elle est également sensible à la chaleur et toutes sources d’ignition. La substance est incompatible avec les oxydants et les réducteurs forts.
- Toxique aigu catégorie 4 en cas d’ingestion. La substance produit, chez l’animal, des effets néfastes conduisant à la mort après ingestion unique de cette dernière de 654 mg/kg de poids corporel. En cas d’ingestion il est aussi identifié une irritation des muqueuses de la bouche, de la gorge, de l’œsophage et du tube digestif. La résorption peut conduire à une jaunisse, des modifications de la formule sanguine avec méthémoglobinémie et des troubles du système nerveux central.

Les autres groupes de notifiants identifient des classes de dangers supplémentaires. Ainsi il a été montré que la 2,4-DNPH est un irritant cutanée et oculaire de catégorie 2. En effet une exposition oculaire de 500 mg de la substance pendant 24 h provoque une certaine irritation chez l’animal. Une seule étude de mutagénicité bactérienne a été effectuée (test d’Ames sur Salmonella typhimurium), donnant un résultat positif (illustration d’un test d’Ames sur notre page consacrée au BET).

2,4-dinitrophénylhydrazine (2,4-DNPH)
N° CAS : 119-26-6
2,4-DNPH
C6H6N4O4